Page Principale des phares et balises : Entre Pères & Mers

 

Phares et Balises

 

Guides des marins, les phares sont des liens entre la terre et la mer. Enfers ou Paradis, je vous propose quelques photos faites à l'occasion de mes balades sur le littorale français.

 

 

Le métier de gardien de phare (contrôleur des travaux publics de l'état, spécialité phares et balises) requiert aujourd'hui plus qu'hier des connaissances techniques. C'est le service des Phares et Balises, rattaché à la direction centrale des affaires maritimes au sein du ministère de l'équipement, qui est en charge de l'entretien des phares. A ce jour, seuls cinq phares en France accueillent encore une présence humaine.

Le service des phares et balises, c'est 1300 personnes réparties dans 40 subdivisions. Le service a en charge 50 bateaux, 4500 marques non lumineuses, 1170 marques lumineuses dont 150 phares. 33 sont en mer (5 sont gardés), 30 sont sur des îles habitées et 87 sont à terre.

Les phares, ce sont des problématiques de trafic maritime, mais aussi d'optique, de gestion de l'énergie et de génie civil.

OPTIQUE : La lumière des phares est diffusée par réfraction dans des panneaux lenticulaires. Ces panneaux sont constitués d'une partie centrale (bull eye) et d'anneaux concentriques assemblés par collage. Il existe encore quelques dispositifs situés au-dessus et au-dessous des panneaux qui permettent par réflexion de remettre dans un plan horizontal la lumière partant (inutilement) vers le haut ou vers le bas.

LANTERNE : La source de lumière a longtemps été une lanterne. Ces lanternes ont disposé d'une mèche puis d'une mèche circulaire, puis deux, trois et même quatre mèches concentriques. Le terme lanterne désigne également la partie la plus haute du phare qui accueille l'optique du phare.

COMBUSTIBLE : Si l'on fait abstraction des feux allumés au Moyen Age sur les tours de guet pour ne s'intéresser qu'aux phares des programmes de signalisation du 19ème siècle, un des premiers combustibles utilisé a été l'huile de colza (jusqu'en 1873). Ce combustible de fabrication française assurait une flamme constante. Dans les années 1850, des huiles minérales d'importation ont peu à peu pris la place de l'huile de colza. A partir du 20 janvier 1899 certaines lanternes ont utilisé du pétrole pulvérisé ; la lumière était alors générée par un manchon incandescent (comme cela existe encore avec des lampes de camping). A partir de 1930, on trouve trace de l'utilisation du butane et du propane. Ces deux gaz ont été à l'origine d'explosions violentes de balises (BLEVE) mais présentaient une utilisation flexible. En 1863 quelques phares étaient électrifiés ; ceci s'est généralisé notamment grâce aux énergies naturelles, le panneau solaire (1980) et l'éolienne (1950), qui permettent l'électrification de beaucoup de phares et de balises libérant le service de contraintes de ravitaillement et de surveillance.

SIGNAUX : Peu des grands phares d'atterrissage présentent des signaux de couleur, la lanterne de couleur absorbant une partie de la lumière. Ce procédé est essentiellement réservé au balisage des chenaux. Afin d'éviter la confusion entre deux phares, les feux fixes simples ou doubles ont été abandonnés pour faire place à des feux à éclats ou à occultation. Pour cela des appareils rotatifs ont été créés et mis en place. On a souvent fait appel à des mécaniques d'horlogerie pour assurer la rotation de ces optiques. Les bains de mercure et autres procédés limitant les frottements permettent une rotation plus rapide et moins énergétivore. En fonction de leur destination, les phares signalent les côtes, les hauts fonds, les chenaux... Leurs signaux sont parfois différents en fonction de l'endroit depuis lequel on les observe. Par exemple, certains feux présentent un signal blanc au navire qui suit le bon cap, si le bateau dérive de sa route, il verra un signal blanc clignotant, s'il dévie encore, le signal devient jaune. Ceci permet un guidage efficace.

CONSTRUCTION : Les lanternes de phares ont été installées sur différentes constructions : tour ronde, tour octogonale, tour tronconique, tour trompette, tour métallique, tripodes métalliques, tourelles métallique ou en bois, tourelles carrées, tourelle ronde, maison simple, bateaux. Les constructions présentent des hauteurs tout à fait variable en fonction de leur position et de leur fonction ; les plus hautes s'élèvent à près de cinquante mètres, les plus modestes à quelques mètres du sol. Ces constructions constituent un grand patrimoine quelque peu laissé à l'abandon par l'administration par manque de crédits. Le service ne peut que rivaliser d'ingéniosité et de talent pour maintenir en état un éclairage côtier exceptionnel.

 

 

 

Le service des phares et balises n'utilise plus aujourd'hui de bateaux phares, certains d'entre eux restent cependant très célèbres.

Pour assurer le ravitaillement des balises non "solarisées", des baliseurs mènent les hommes en mer

 

  La Jument, Eckmühl, Ar Men,... autant de réalisations fantastiques qui passionnent les marins, mais aussi les écrivains et les photographes. Philip et Guillaume Plisson, Guichard, Gast ont publié des ouvrages remarquables que je vous invite à consulter.

L'ouvrage de référence en la matière reste certainement "Phares" : Histoire du balisage et de l'éclairage des côtes de France, écrit par Jean Christophe Fichou, Noël Le Henaf & Xavier Méval et publié aux éditions Le Chasse marée - ArMen.

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