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Le veau-marin que vous rencontrerez en Baie de Somme appartient à la famille des phoques, qui avec leurs cousins otaries et morses forment l'ordre des pinnipèdes.
  Description très sommaire

Afin d'imaginer un peu plus précisément les individus que vous verrez se prélasser sur les bancs de sable, sachez tout de même, et bien que les veaux-marins soient considérés comme des phoques de petite taille, que les mâles mesurent de 1,50 m à 2 m pour un poids allant de 120 à 150 kg et les femelles de 1,40 m à 1,60 m pour un poids situé entre 100 et 120 kg.

La déperdition de chaleur étant plus importante dans l'eau que sur terre, les veaux-marins sont dotés d'une épaisse couche de graisse contenant des vaisseaux sanguins que l'on appelle le lard, ainsi que d'une fourrure non moins épaisse, et ce contrairement à leurs lointains cousins les cétacés. Cette fourrure fait office de combinaison néoprène, conservant la chaleur en emprisonnant l'air entre les poils. L'ensemble permet aux veaux-marins de supporter tranquillement jusqu'à - 35° C.

 
  Habitat

Même si à l'est et au nord du Canada, certaines populations isolées de veaux-marins vivent en eau douce, ce sont les côtes que nos amis préfèrent. Ils ont besoin des falaises rocheuses et des récifs mais préfèrent largement les estuaires où les marées laissent apparaître des bancs de sable qui apporte une tranquillité totale à laquelle il est délicieux de goûter le temps de la marée basse. Et toujours près de l'eau afin d'être rapidement en sécurité en cas de danger. Alors, vous voyez la Baie de Somme et ses 70 km2, c'est un vrai paradis !

 

 
Quand s'agrandissent les familles

Chez les veaux-marins le petit, du haut des ses 8 kg pour ses 85 cm est fier d'annoncer qu'il est à coup sûr enfant unique. Il naît après 7 mois de gestation entre la fin du mois de mai et la mi-juillet et ne reste qu'un petit mois avec sa mère, reprise d'ovulation oblige ! La séparation est toujours un peu rude car il faut se nourrir soi-même du jour au lendemain après un mois d'allaitement.

Fait particulier, alors que chez les autres phoques, les petits naissent dotés d'un pelage laineux et généralement blanc appelé lanugo, pelage conservé 3 à 5 semaines ne permettent pas d'aller dans l'eau sous peine de risquer la noyade, le petit veau-marin apparaît avec un pelage gris qui ressemble à celui de ses parents et est tout à fait disposé à se confronter à l'élément liquide et à nager seulement quelques heures après avoir vu le jour.

 

Et puisqu'il faut bien se nourrir…

Les veaux-marins sont carnivores et ont une nourriture diversifiée comprenant poissons, crustacés, mollusques,… Dépourvus de molaires, ils avalent leur nourriture, les dents ne servant qu'à saisir les proies.

En Baie de Somme, les veaux-marins se régalent notamment de flets et carrelets, sans pour autant cracher sur les mulets, anguilles et maquereaux.

 

En Europe, plus de veaux-marins qu'on l'imaginait

En Europe on trouve des veaux-marins en Angleterre, en Ecosse, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark, en Norvège, en Islande, aux Iles Féroés et en France.

En France c'est entre les départements du Nord et de la Seine-Maritime, que vous pourrez en voir le plus et particulièrement dans la Baie de Somme où se trouve la colonie la plus importante, regroupant environ 70 individus.

 

En baie de Somme, historique mouvementé

Vers 1830, on dénombre vraisemblablement par centaines les veaux-marins que l'on appelle alors "chien de mer", "renard marin" ou "loup marin". Malheureusement ils font l'objet de traques assidues et très appréciées des chasseurs et leur nombre a déjà beaucoup diminué vers la moitié du 19ème siècle. Le déclin continuant sans cesse jusqu'au 20ème siècle, on ne dénombre plus que 2 à 3 individus dans les années 70 !

A la fin des années 70, face à cette situation alarmante, il est alors décidé de repeupler les côtes françaises et pour choisir le site idéal, on définit les critères nécessaires à ce repeuplement. La Baie de Somme est élue. Six jeunes mâles et six jeunes femelles sont amenés d'Angleterre par bateau et pour leur assurer calme et éloignement des activités humaines, sont relâchés dans le Parc Ornithologique du Marquenterre doté d'un canal en communication avec la mer.

La tentative ne prend malheureusement pas et le nombre de veaux-marins décroît à nouveau dangereusement.

En 1988, on reprend quand même espoir car la colonie compte une quinzaine d'individus et l'on constate la présence d'un petit avec sa mère.Mais une nouvelle épée de Damoclès apparaît alors sous la forme d'une épidémie virale qui décime la population européenne de veaux-marins par milliers. Et le miracle survient, l'épidémie n'atteint pas la Baie de Somme.

De 1988 à 1993, l'effectif de la Baie de Somme se stabilise à une quinzaine de veaux-marins. On constate des naissances, des départs d'animaux, des arrivées d'Angleterre ou des Pays-Bas mais également des décès accidentels de vieux animaux et d'animaux en pleine santé dus à des chasses illégales, des ingestions d'hydrocarbures, des explosions volontaires d'engins de guerre de la baie.

A la fin des années 90, la population de la Baie de Somme explose : 30 puis 50 individus pour atteindre environ les 70 aujourd'hui avec un grand nombre de naissances qui permet à la colonie de prospérer d'elle-même.

Et puis surtout, on se régale de constater que les veaux-marins prennent confiance en l'homme puisque que certains d'entre eux viennent jusque dans le port de Saint Valéry, et même jusqu'à l'écluse pour s'alimenter à proximité des pêcheurs, ou bien remontent le courant au milieu des bateaux pour chiper des poissons.

On peut donc être maintenant serein quant à l'avenir des veaux-marins.

 

Mais avant de voir tout cela par vous-même…

Ne vous aventurez pas imprudemment dans la Baie de Somme à marée basse. Il est très tentant de marcher dans cette vaste étendue qui s'offre à vous pour vous rapprocher des veaux-marins que vous verrez sur les bancs de sable, mais sachez que les nombreux trous d'eau sont imprévisibles, que les sables mouvants ne font pas de cadeau et que les courants à marée montante sont violents.

Alors allez dans le port de Saint Valéry ou du Crotoy à marée haute pour voir nos amis nager, ou bien allez à la pointe du Hourdel à marée basse avec de bonnes jumelles et regardez-les se prélasser sur les bancs de sable.

Quoi qu'il en soit, sachez être patients, vous serez récompensés.

 

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille l'ouvrage de Pascal Etienne "Le phoque veau marin" publié aux éditions Eveil Nature

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